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Dans cette thèse publiée en 1989, Olivier Chédin propose une lecture originale de la troisième Critique de Kant, qui retrace la genèse transcendantale des facultés théoriques dans le jugement esthétique. Il s'agit avant tout d'éclaircir le rapport d'un pouvoir théorique de représentation avec une faculté esthétique de juger : d'exhiber, dans l'exercice du jugement de goût, l'inauguration d'un pouvoir de connaître. On comprendra alors comment le sentiment esthétique surgit d'une harmonie originaire des facultés.Mais la Critique du jugement, qui opère d'abord une critique du sentiment, propose aussi une critique de la liberté pure : du beau, je suis en effet seul juge, sans loi ni impératif, en face d'une « promesse de bonheur » qui fait, en moi-même, acte de liberté.Sensible à l'apparition d'une présence où s'inaugure l'exercice d'un pouvoir de représentation, l'auteur applique enfin la thèse kantienne à l'élucidation des oeuvres d'art - tant celles de l'art classique que celles de l'art non-figuratif le plus contemporain -, suggérant que l'esthétique de Kant n'aurait peut-être pas trouvé en son temps l'art qu'elle méritait?